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Témoignage de restaurateur : « La production d’émissions culinaires et notre implication dans l’association Chef4Good nous permettent de nous concentrer sur des choses positives »- Noëlle Bouayad Furukawa, Co-propriétaire du restaurant Iloli à Casablanca

Occuper les enfants et cuisiner sont deux activités quotidiennes pour tous ceux qui vivent le confinement à la maison. De là est partie l’idée du Chef Masta et de son épouse Nöelle Bouayad Furukawa, tous deux co-propriétaires du restaurant japonais Iloli : produire une série de vidéos culinaires avec leurs enfants, proposant des recettes du chef de façon ludique, dans un univers manga.

« L’idée était de faire sponsoriser ces émissions au profit du Fonds spécial, des hôpitaux et associations. Au début c’est Iloli qui a sponsorisé, puis, peu à peu, des marques ont voulu participer et reverser de l’argent et/ou des denrées alimentaires », explique Noëlle Bouayad. L’émission Hada Oishii (mix de deux mots arabes et japonais : ça c’est bon) est disponible sur YouTube et les réseaux sociaux d’Iloli. « Elle n’aurait pas été possible sans le soutien bénévole de Patrick Arnoux, réalisateur professionnel qui se charge du montage, de Sensei Prod, qui fait les sous-titrages, et de notre infographiste Wassime Wahid. »

Cette action solidaire est désormais reliée à celles de l’association Chef4Good, collectif de chefs cuisiniers se relayant pour produire des repas pour les démunis, le personnel soignant, etc. « En effet, en parallèle, j’étais en contact avec Simo Sajid qui montait l’association Chef4Good, et j’ai décidé que tous les produits offerts pour nos recettes par les marques sponsors (notamment Noor Fès pour l’huile d’olive, Alkursi pour les légumes, Cocotte By El Beldi pour la volaille fermière et Patchi pour les chocolats) seraient donnés à Chef4Good. » Dans ce cadre, le chef d’Iloli cuisine également depuis chez lui 100 repas par semaine pour le personnel soignant de l’hôpital Moulay Youssef et le CHU Ibn Rochd.

Quant à la gestion de la fermeture du restaurant pendant le confinement, les gérants gardent le contact avec leur équipe en organisant un peu de formation, notamment pour l’apprentissage de l’anglais, l’amélioration du service, etc. « Mais ce n’est pas évident de maintenir une activité quand le restaurant est fermé ! » Comment Noëlle Bouayad envisage-t-elle l’avenir dans ces conditions ? « A priori il n’y aura pas de reprise avant la fin du Ramadan, et nous pensons recommencer avec de la livraison dès que ce sera possible, car le déconfinement sera sûrement graduel. »

Ce confinement est également l’occasion pour les restaurateurs de mener une réflexion de fonds. Il est question par exemple de donner encore plus la priorité aux fournisseurs locaux par rapport aux produits d’importation. « Nous allons peut-être aussi développer davantage la livraison pour offrir un autre service, plus accessible, et ouvrir 7 jours sur 7 à la reprise afin de tenter de rattraper un peu les pertes – on ne pourra plus se permettre d’avoir autant de jours de fermeture. Pour ne pas trop angoisser, j’essaye de ne pas penser aux chiffres, qui vont être catastrophiques, mais de me concentrer sur les actions solidaires, sur des choses positives. » Iloli attend également un 3ème Chef japonais, qui devait arriver en juin mais sera là sûrement un peu plus tard, et compte développer son offre de desserts. Chef4Good veut aussi à l’avenir monter un centre de formation, dans lequel le restaurant pourrait s’impliquer. « Il y aura forcément un avant et un après… »

Chaine d’Iloli : Cliquez ici

Chef4Good : Cliquez ici

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