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Industrie du tourisme : les fédérations dévoilent leurs points de vue sur la relance

Organisée par Premium Travel News sur le thème « La relance du tourisme : le point de vue des fédérations », la 22ème édition des mardis du tourisme a eu lieu le 17 novembre au Sofitel Tour Blanche Casablanca. Ce cycle de conférences a pour vocation de contribuer à positionner le secteur du tourisme sur les agendas des pouvoirs publics et des acteurs privés, liés directement ou indirectement par ce secteur. Cette édition a connu la participation de la Fédération Nationale de l’Industrie Hôtelière (FNIH), l’Association Nationale de l’Investissement Touristique (ANIT) et la Confédération National du Tourisme (CNT).

Au vu des conditions actuelles subies par l’industrie du tourisme, la conférence a insisté sur la nécessité de débattre de la relance du secteur, avec la vision et la contribution des entités représentant les professionnels du tourisme. Trois axes principaux ont été évoqués. Il s’agit de l’état actuel de l’hôtellerie, de la préservation des emplois et des entreprises et de l’état des lieux de l’application du contrat-programme du tourisme.

Abdellatif Kabbaj, Président de la CNT, a rappelé que les principales mesures du contrat-programme du tourisme ont été la sauvegarde des entreprises et des emplois. « Nous avons pu obtenir des accords pour lemploi. Toutefois, pour les entreprises, nous navons eu aucune aide. Ces dernières ont eu des crédits avec des taux dintérêts qui ne sont pas très élevés (3,5%). Mais je ne peux pas considérer ceci comme une aide aux entreprises », a-t-il déclaré. Selon lui, des efforts importants ont été faits par l’État. Mais ceci reste loin d’être aussi important que dans d’autres pays. « Le 29 octobre dernier, la France a accordé un fonds de solidarité à toutes les professions de 10.000 € par entreprise (de moins de 50 employés). Toutes les entreprises ont en bénéficié, sans compter que leur personnel a été payé à 100% par lÉtat », poursuit-t-il.

Avec un 1er semestre compromis, la CNT estime qu’il ne faut pas compter sur une reprise du tourisme avant fin juin 2021. « Nous avons demandé officiellement à notre Ministre de tutelle de revoir le contrat-programme pour quil puisse être prorogé au 30 juin 2021. Jespère que nous aurons gain de cause, sans quoi nous aurons beaucoup dentreprises qui vont faire faillite et des emplois qui disparaitront », déclare M. Kabbaj.

Aujourd’hui, à peine 30% des hôtels sont en fonction. Et leur taux d’occupation moyen n’atteint même pas 5%, alors que, pour rentabiliser un hôtel, il faut être au-delà de 50 à 60%. « Si lÉtat ne fait rien pour nous dici la fin dannée, on est mort », alerte le Président de la CNT.

De son côté, Lahcen Zelmat, Président de la FNIH a déclaré clairement que « les hôteliers nont pas été aidés, mis à part les 2.000 DH octroyés aux employés. Et encore cette convention qui a été signée avec la CNSS a oublié beaucoup de monde, à savoir les femmes qui étaient enceintes en février 2020, ceux qui avaient des accidents de travail, ou qui étaient en arrêt de maladie, etc. ». D’après lui, tout ce qui a été fait pour les entreprises, ce sont des crédits avec des règles et des conditions empêchant beaucoup de personnes d’en bénéficier.

D’après la CNSS, seuls 42.000 employés du secteur touristique ont été déclarés à cet organisme en juillet et août derniers pour bénéficier des indemnités CNSS et 47.000 en septembre dernier. « Beaucoup de gens nont pas été enregistrés dans cette liste, à savoir ceux en congé de maternité, en congé de maladie, ou encore les intérimaires qui sont entre 10.000 et 15.000, travaillant uniquement pour lhôtellerie », indique M. Zelmat. Certes, il existe des entreprises touristiques qui ne déclarent pas leurs employés. Cependant, « ceci ne concerne pas les fédérations et les associations car ils nont pas la main sur les entreprises et ne peuvent pas donner des directives ni sanctionner ces dernières. Cest à lÉtat de faire son travail dimposer à toutes les entreprises de déclarer leurs employés », explique-t-il. M. Zelmat rappelle également que, depuis 8 mois déjà, les hôteliers sont sans trésorerie, sans recettes, avec des charges fixes permanentes et des charges fixes d’impôts. « Les hôteliers vivent pour linstant avec lespoir que lÉtat va les écouter et les aider », prévient-il.

Ces dernières semaines, une nouvelle plateforme de sauvegarde a été créée. C’est une plateforme pour l’ensemble des acteurs de toute la filière. « Elle a lambition d’être globale et cohérente, tournant autour de 3 grands axes : le soutien et la trésorerie, la préservation des fonds propres et les mesures réglementaires et légales », liste Jalil Benabbés Taarji, Président de l’ANIT.

Pour le volet « soutien et trésorerie », 3 principales mesures ont été évoquées, dont le maintien et la prorogation sur le 1er semestre 2021 du crédit Damane Relance, l’accélération du paiement ou du remboursement par l’État du crédit TVA dont doivent bénéficier les entreprises qui y ont droit, ainsi que le paiement par toutes les administrations publiques de manière générale ou les entreprises publiques des factures qui sont dues aux prestataires du secteur. Concernant le volet de « la préservation des fonds propres », M. Benabbés Taarji insiste sur le maintien et la prorogation du régime CNSS et le report de la partie capitale des échéances sur les crédits d’investissement, sans oublier la prise en charge par l’État des intérêts sur les crédits d’investissement pour 2020 et 2021. Enfin, le chapitre réglementaire et légal concerne des dispositions transitoires du droit des faillites, le code du travail et du sujet du SMIG.

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