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Cafés et restaurants au Maroc : une reprise sur fonds de désaccords !

En fermeture totale depuis le 16 mars derniers, le secteur des cafés et restaurants au Maroc a bel et bien souffert des impacts de la crise sanitaire liée au Covid-19. Dans le cadre d’une reprise progressive d’activité, le Ministère de l’Économie a ordonné, le 29 mai dernier, une réouverture conditionnée ne concernant que les services de livraison à domicile et le prêt à porter. Aujourd’hui, certaines enseignes témoignent d’une reprise réussie, tandis que d’autres refusent toute réouverture, en l’absence de solutions efficaces mitigeant les retombées de la crise en cours.

Depuis le 29 mai, les cafés et restaurants au Maroc sont autorisés à ouvrir leurs portes, uniquement pour la vente à emporter et la livraison à domicile. Une réouverture conditionnée par le respect d’une liste de mesures sanitaires. Dans ce sens, le Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie Verte et Numérique insiste sur le respect des protocoles de nettoyage/désinfection et d’aération des lieux de travail. En outre, l’ensemble des établissements doit, impérativement, disposer de quantités suffisantes de gels hydroalcooliques et de masques pour le personnel, organiser les horaires des shifts afin de minimiser le nombre de personnes sur place, respecter la distanciation, veiller sur la sécurité des produits alimentaires, sensibiliser le personnel sur l’ensemble des protocoles sanitaires et suivre son état sanitaire.

Lors de cette période, le Ministère indique que les cafés et restaurants recevront les commissions mixtes d’hygiène et de contrôle. L’objectif est de s’assurer de l’application de l’ensemble des mesures préventives en question.

Reprise progressive dactivité : entre appui et boycott

Aujourd’hui, les avis concernant la reprise d’activité divergent. D’un côté, « il faut savoir que nous sommes toujours en période de confinement. Tant que nos clients ne sont pas encore autorisés à se déplacer librement, cette décision nous semble parfaitement logique », déclare Mohamed Abdelfadel, Coordinateur de la Commission Mixte des Métiers de Bouche (CMMB). Au global, le secteur compte un grand nombre d’établissements reposant sur les services comptoir, à emporter et drive. « Il est donc insensé que tout le monde reste bras croisés », rappelle-t-il.

Cependant, il faut noter qu’un nombre de restaurateurs n’a pas cessé son activité en période de confinement. Acte qui leur a engendré de grands problèmes judiciaires. De ce fait, « en tant que défendeur des intérêts des professionnels, je préfère que ces gens-là travaillent désormais en toute légalité », indique M. Abdelfadel. Une action qui évitera la faillite pour un grand nombre de grands opérateurs.

Pour la Commission, les premiers résultats de la reprise semblent être satisfaisants. Parallèlement, « vu que le Maroc est en phase d’été et quil est passé au fuseau horaire GMT+1, nous demandons une prolongation des horaires de travail. Nous permettre de travailler jusqu’à 18h ou 20h le soir sera parfait », propose M. Abdelfadel.

Or, beaucoup de professionnels ont préféré ne pas réouvrir leurs portes pour des raisons multiples, notamment le fait que les recettes ne couvriront pas leurs dépenses ou encore les difficultés d’approvisionnement. L’Association nationale des cafés et restaurants au Maroc a même décidé de boycotter la décision du Ministère. En effet, l’Association refuse toute reprise d’activité tant qu’une réunion urgente avec le Comité de veille économique (CVE) et le gouvernement n’est pas organisée pour discuter des problèmes du secteur, déjà évoqués.

« Nous ne sommes pas contre la reprise. Toutefois, ladite décision n’était pas accompagnée dune étude préalable en vue de ladapter à la réalité », déclare l’Association. S’interrogeant sur plusieurs points permettant une reprise efficace, « nous nous inquiétons sur le sort du personnel qui ne reprendra pas son poste et sur les conditions de sécurité dont nous disposeront », se demande la même source. 

En attendant de trouver des solutions avec le gouvernement et le CVE, « nous insistons toujours sur nos propositions pour sauver nos professionnels. Ainsi, en rappelant la gravité de la situation actuelle, nous nous sommes déjà adressés au Président du CVE, tout en listant différentes propositions pouvant mitiger limpact social, économique et psychique de la crise », indique l’Association. Portant sur 6 volets, les dites propositions concernent le loyer, la CNSS, les impôts et taxes locaux, les banques, l’aide à la reprise et la conservation de l’emploi ainsi que la correction des failles juridiques.

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